
Après l’hémisphère sud et Sydney, StreetGeneration a mis le cap cette fois-ci sur l’Amérique du nord. Rien d’extraordinaire que de franchir l’Atlantique pour aller assister à plusieurs concerts d’un groupe quasi mythique : The Cure. C’est courant octobre que Robert Smith a décidé d’offrir aux fans une série de shows sur le même concept que celui des soirées Reflections jouées en Australie en juin dernier. Le principe consistant à interpréter dans leur intégralité les trois premiers albums du groupe couvrant la période 1979-1981, à la fois à Londres, Los Angeles et New-York City. Les fans n’en reviennent toujours pas. Les yeux remplis d’étoiles, et l’esprit encore un peu embrumé, nous vous rapportons ici quelques souvenirs de la soirée de clôture de cette mini-tournée.
Shuffle mode. Votre premier souvenir, c’est l’après. Le sentiment d’être un peu perdu, comme dans un rêve, errant dans les couloirs sans fin d’un terminal d’aéroport, illuminé par les rayons naturels du soleil et situés à des heures de route, des jours, des années peut-être, du cœur de Manhattan. Vous êtes en train de réaliser que vous venez de vivre une expérience intense au lendemain d’une série de concerts fabuleux. Vous embarquez à bord du Boeing 747 qui vous ramène à Paris. Indifférents aux sourires des hôtesses de l’air et détestant déjà vos voisins de siège, ce sont les écrans incrustés dans l’appui-tête du siège avant, vous éblouissant d’images vivides et insensées, qui finissent peu à peu à vous ramener à la réalité. C’est précisément à ce moment-là que vous saisissez votre sleeping eye mask dans une main et votre iPod dans l’autre. Une fois le masque bien ajusté sur vos yeux, une playlist 100% Cure sélectionnée, il ne reste plus qu’à ajuster le volume sonore de votre baladeur suffisamment, pour ne plus entendre le Talking Tom de l’iPhone de vos voisins répétant les consignes de sécurité avec sa voix pincée.
Rewind. L’avion ne va pas tarder à décoller, et vous, vous allez pouvoir revivre les quatre jours qui viennent de s’écouler tout au long de ce voyage retour. Le groupe qui vous obsède depuis plusieurs décennies a annoncé une série de sept concerts répartis entre Londres, Los Angeles et New York. Ce fut d’abord la panique en octobre dernier, l’affolement chez les fans pour trouver des tickets de concert, réserver les vols et les hôtels, et surtout négocier des jours de congés auprès de son employeur. Finalement, on fera l’impasse sur Los Angeles, mais c’est un go pour Londres et pour les trois concerts de New York. Au programme les albums des débuts : Three Imaginary Boys, Seventeen Seconds et Faith. Nous avions déjà eu la chance d’assister aux shows de Sydney cette année dont nous vous parlions ici, et étions très excités à l’idée de revivre cette expérience à NYC. Le show du Royal Albert Hall fut une soirée extraordinaire, de quoi aiguiser encore plus notre appétit. Vous vous revoyez dans l’avion qui vient d’atterrir, cette fois vous y êtes, un taxi jaune direction Times-Square, puis à vous le Beacon Theatre !
Play. Quelques secousses se font sentir dans l’avion, le pilote vient de rentrer le train d’atterrissage. Le choix entre le poulet-haricots noyé dans sa sauce au vin ou les raviolis trop cuits et exagérément parfumés au basilic vous laisse complètement égal. Un autre voyage commence, un voyage rempli d’émotions et de rêves. Les souvenirs de votre séjour new-yorkais reviennent pêle-mêle, les apéritifs entre fans à la Columbus Tavern, les rencontres avec le groupe devant la stage door, l’écoute des sound-checks à travers la cloison du théâtre… Et puis finalement la découverte de la salle, sublime, ornée de sculptures dorées, dans un style art déco des années 30. Le groupe entre en scène, les applaudissements explosent et le concert débute avec des morceaux très jumpy, 10.15 Saturday Night, Fire in Cairo, Grinding Halt… Jason, Simon et Robert s’éclatent sur scène avec une fougue d’adolescents.
Pause. Une annonce du commandant de bord, vous sort de votre torpeur quelques secondes. Juste assez pour vous souvenir de ce moment si particulier pendant le second set. Le temps d’un instant qui vous a paru une éternité, Robert Smith lui-même vous a fixé du regard. Et vous avez quasiment eu l’impression qu’il vous avait reconnu, vous remémorant instantanément toutes vos rencontres et les mots échangés avec lui ces dernières années. Des moments privilégiés qui vous reviennent à l’esprit pendant que vous continuez à diriger votre objectif droit sur lui. Qu’importe sa myopie l’empêchant quasiment de distinguer le bord de la scène, vous restez persuadé que le temps s’est arrêté pour vous au beau milieu de Secrets. Seuls les flashs épileptiques de Three vous font passer à autre chose.
Resume. Tout le monde dort maintenant dans la carlingue, et vous montez encore un peu plus le volume pour masquer les ronflements de vos voisins. Le troisième set correspondant à l’album Faith est sans aucun doute le plus chargé en émotions. Vos souvenirs d’adolescent vous reviennent en mémoire, ces soirées entières passées à écouter cet album en boucle. C’est presque inimaginable d’entendre le groupe interpréter ces mêmes morceaux trente ans après en vous procurant toujours autant de frissons. La présence de Lol et de Roger rend la soirée encore plus touchante. Sur The Drowning Man, les fumigènes généreusement diffusés sur la scène vous entraînent dans un songe, où la noirceur des paroles s’estompe peu a peu, et où la basse de Simon scintille de mille feux. Faith constitue le point d’orgue de la soirée. Soirée qui ne s’arrête pas là, des encores vous proposent un tutti-frutti de singles et de b-sides de cette même période du début des années 80. De quoi ravir les fans qui n’avaient aucune envie que les shows se terminent aussi vite. Splintered In Her Head reste un des highlights de cette quatrième partie du concert. Et la soirée s’achève sur un des titres les plus connus de The Cure, Boys Don’t Cry. Le coté pop de ce titre ne vous empêchera pas de terminer avec les yeux remplis de larmes, car vous savez que cette fois la soirée est belle et bien finie.
Stop. L’avion ne va pas tarder à atterrir, et la sensation d’avoir été sur un petit nuage durant une bonne partie du vol prend ici tout son sens. 7h du matin, Roissy Charles De Gaulle, cette fois le rêve s’achève. Robert en quittant la scène nous a donné quelques espoirs en nous promettant de nous revoir l’année prochaine. Certains fans évoquent une tournée de festivals, d’autres prévoient même des concerts surprise à Miami au printemps… Des rumeurs qui agitent la toile, et la dernière en date ne promet pas moins que la réédition de l’album Wish sans doute accompagnée d’une version pour la première fois sur CD de la K7 ultra collector Lost Wishes. Alors, que ce soit à Tokyo ou au Chili, a Moscou ou en Italie, si le groupe se produit en concert, pas de doute les fans du monde entier seront forcément au rendez-vous.
Les plus belles photos de la dernière soirée de The Cure à New-York City:
William Soragna










Bel hommage à cette mini tournée, ayant assisté au live du RAH, le 15 novembre, je trouve très juste l’humeur qui transpire dans cet article.Pour être honnête, je ne m’en suis pas remis et j’espère que la bande va vite remonter sur scène. Autant d’émotions, autant de profondeur, de foi et de beauté d’un seul coup est à la fois douloureux et fantastique. Douloureux parce que l’on souhaite que le concert ne s’arrête jamais (malgré les 3H30, ce qui est exceptionnel) et fantastique parce que voir Cure dans ces conditions te transforme à jamais.
Conclusion: ce fut un moment privilégié destiné aux vrais amoureux du groupe. Maintenant je suis sûre que CURE est vraiment un groupe à part et qui de plus à un grand respect pour les gens qui les suivent depuis longtemps.
kel emotion de malades
la seule question qui compte, c’est évidemment de savoir comment ils continuent de générer une telle émotion. Metallica a raté son come back, Deep Purple s’est rendu minable à la fête de l’huma, il y a 2 ans. Ces gars là sont toujours là. Et j’ai pas la réponse. L’émotion est définitivement incompréhensible et putain tellement belle. Qu’est-ce que je serais fier si Street parvenait, (à son niveau, ds son domaine, ds le journalisme, ds le sociétal, ds l’explication, ds je sais pas koi), de toucher cette partie indicible de chacun d’entre ns. Et de s’inscrire dans la durée
il a incontestablement vieilli sur la grande photo d’ouverture de cet article mais il reste le même. Le regard change pas, il n’a pas l’air abîmé par l’alcool ou les drogues